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24 OCTOBRE : MACRON DÉCLARE LA GUERRE AU PEUPLE

▶️ Vidéo YouTubeMédiaBlast22 octobre 2026

Un entretien de onze minutes de Blast, mené par le journaliste Maxime Cochelin et publié le 22 octobre 2026, le jour où Emmanuel Macron a dénoncé des « actes politiques et même séditieux » après la journée du 17 octobre et annoncé un conseil de défense, à deux jours d'une nouvelle mobilisation le samedi 24. La politiste Vanessa Codaccioni, de l'université Paris 8, spécialiste de la répression des mouvements sociaux, y répond seule. Le montage intercale, sans les présenter, la déclaration du président, une question au Premier ministre à l'Assemblée, un responsable annonçant le déploiement des militaires de l'opération Sentinelle et des appels à envoyer l'armée lancés sur des plateaux : ce sont les pièces que l'entretien commente. Seule la parole de Vanessa Codaccioni est analysée.

5 analyses
★💡 Idée-cléVérifié
Pour Vanessa Codaccioni, la garde à vue est devenue un instrument de tri et d'intimidation des manifestants, surtout des plus jeunes

La politiste décrit une fonction nouvelle de la garde à vue : interpeller largement d'abord, trier ensuite, comme l'écrivaient selon elle des documents internes de l'époque des Gilets jaunes qu'elle a consultés. Elle y joint les comparutions immédiates, devenues ordinaires alors qu'elle les qualifie de « justice d'exception expéditive ».

« la garde à vue aujourd'hui c'est vraiment à mon avis un instrument répressif très puissant de tri, d'empêchement, de neutralisation, de terrorisation aussi pour faire peur les gens et en particulier les plus jeunes »
🛡️ Sécurité & justice
★💡 Idée-cléVérifié
Militaires de Sentinelle mobilisés pour le 24 octobre : Codaccioni rappelle ce qu'est un soldat, en distinguant garde de bâtiments et maintien de l'ordre
→ Visé :RenaissanceEmmanuel Macron

Le 22 octobre 2026, l'exécutif annonce que des militaires de l'opération Sentinelle seront déployés le samedi suivant, sur des missions de sécurisation statique, pour libérer policiers et gendarmes. La politiste prend soin de distinguer la garde de lieux de pouvoir de la gestion d'un mouvement social, mais voit dans l'annonce l'aboutissement d'une indistinction croissante entre police et armée, entamée selon elle avec les Gilets jaunes.

« on déploie pas l'armée contre son propre peuple, contre sa propre population. La militarité, je le redirai jamais assez, c'est tuer sur ordre. Donc c'est très sérieux. »
🛡️ Sécurité & justiceBoursorama (AFP), 22/10/2026 — Macron serre la vis sur les manifestations avant un nouveau samedi de mobilisation ↗
★💡 Idée-cléVérifié
Codaccioni décrit comment l'appel à l'armée devient une évidence : préparé en amont, réclamé sur les plateaux, il se présente comme légitime

Après la nuit de pillages du 17 octobre, des responsables politiques et des intervenants de plateau ont appelé à faire intervenir l'armée. Pour la politiste, cette demande répétée fabrique la légitimité d'une mesure que le pouvoir envisageait déjà : ce qui était impensable devient la suite logique, présentée comme une réponse à l'opinion.

« parce qu'à la fois c'est dans les tuyaux et parce qu'à la fois c'est réclamé. Donc c'est une réponse possible, demandée et donc légitime »
🛡️ Sécurité & justice
✅ VérificationVraiVérifié
Des dissolutions administratives « jamais aussi fortes » que sous Macron : le record sous la Ve République est établi
→ Visé :RenaissanceEmmanuel Macron

En réponse à une question écrite d'un député, publiée en mars 2024, le gouvernement dénombre plus de 33 décrets de dissolution d'associations ou de groupements de fait depuis 2017, ce qui fait d'Emmanuel Macron le président qui en a prononcé le plus sous la Ve République, devant Charles de Gaulle. Un rapport de l'Assemblée relève une nette accélération après la loi « séparatisme » d'août 2021. Ces décomptes s'arrêtent en 2024 : le chiffre a pu croître depuis, pas le classement.

« les dissolutions administratives qui sont énormes, […] et qui n'ont jamais été aussi fortes de manière massive sous Macron »
🏛️ Institutions & démocratieAssemblée nationale, question écrite n° 10057 (XVIe législature) et réponse du ministère de l'Intérieur, mars 2024 ↗L'Écho du mardi — Le gouvernement accélère les dissolutions d'associations (données Légifrance) ↗
★⚔️ CritiqueVérifié
Retraites, loi Travail, Gilets jaunes, lycéens : pour Codaccioni, le bilan répressif d'Emmanuel Macron n'a pas d'équivalent
→ Visé :RenaissanceEmmanuel Macron

La politiste range la séquence ouverte par les blocus lycéens dans une continuité : chaque grand mouvement social des deux quinquennats a connu sa répression, et le mois écoulé en concentrerait tous les outils — nasses, gardes à vue de masse, interdictions de manifester, couvre-feux. Elle y lit une tendance de fond : un nombre croissant de gestes, de pratiques et de discours rendus délictueux.

« Si on fait le bilan répressif de Macron sur les mouvements sociaux, sur les luttes, c'est quelque chose proprement presque d'inimaginable. […] tout y est passé, les retraites, la loi travail, […] les gilets jaunes maintenant les jeunes »
🛡️ Sécurité & justice