BRÉSIL : LA GAUCHE EN TRAIN DE DISPARAÎTRE D'AMÉRIQUE DU SUD ?
Épisode de « CDDM », chronique internationale de Blast tenue par deux chroniqueurs, Ostpolitik et Dave Sheik, publié entre les deux tours de la présidentielle brésilienne. Le ton est satirique, la thèse se lit au premier degré. La chronique enchaîne des extraits de reportages, d'articles (Alternatives économiques, Le Figaro, Le Monde, Mediapart, Folha de São Paulo) et l'extrait d'une intervention d'un élu du Rassemblement national, que rien ne distingue dans le transcript : seule la parole des chroniqueurs est analysée. En description, Blast signale avoir inversé le Suriname et le Guyana sur une carte.
Les chiffres repris par la chronique sont exacts : au premier tour du 4 octobre 2026, Flávio Bolsonaro (Parti libéral) obtient 47,03 % des voix, Lula 45,16 %, et le second tour est fixé au 25 octobre. Jair Bolsonaro a été condamné à 27 ans de prison pour avoir tenté de renverser le résultat de la présidentielle de 2022. Le parallèle avec Trump tient lui aussi : les deux ont refusé de reconnaître leur défaite, mais seul le Brésilien a été condamné.
« Mais à la différence de Trump, Jair Bolsonaro, il a été condamné pour cette tentative de coup d'État. »
La chronique s'appuie sur Alternatives économiques : chômage en baisse, aides sociales renforcées, salaire minimum relevé, et l'exonération d'impôt sur le revenu portée à 5 000 reais par mois, promesse tenue et votée à l'unanimité par le Congrès. Elle rapproche ce décalage de celui de Joe Biden en 2024, et rappelle que Lula a accusé Meta de masquer certains de ses messages.
« On vous a dit que les indicateurs économiques étaient plutôt bons, mais de fait, les gens disent avoir du mal à finir le mois. Alors, comme beaucoup de pays du monde, le Brésil est victime de l'inflation. C'est vrai. Mais il y a aussi une part de ressenti, nourrie par une campagne en ligne très agressive des bolsonaristes »
La chronique fait précéder ce passage de l'extrait d'un élu RN du Loiret opposant le salarié qui fait 45 minutes de route aux bénéficiaires d'aides sociales. Au Brésil, selon la Folha, l'allocataire de la Bolsa Família est devenu pour la classe moyenne une « menace symbolique ». Le Figaro y ajoute une jeunesse qui préfère la livraison à moto au salariat, dans un pays « clivé » entre étatisme et ubérisation.
« idée que nous on bosse et il y a des gens qui profitent et qui travaillent pas. Et ce discours-là, si on en croit le journal conservateur Folha de São Paulo, il a aussi pris au Brésil. »
Les catholiques votent en majorité pour Lula, les évangéliques pour Flávio Bolsonaro. Un pasteur de favela en donne la raison dans un reportage cité : l'ambulance n'entre pas dans les ruelles, l'église si. Réserve sur le chiffre : le recensement de 2022 compte 26,9 % d'évangéliques parmi les Brésiliens de 10 ans et plus, soit plus d'un quart et non un tiers, mais la part progresse à chaque recensement (IBGE, publié en juin 2025).
« Les évangéliques représentent aujourd'hui un tiers de la population du Brésil, dont pas mal de pauvres. Pour beaucoup d'entre eux, les églises évangéliques font le taf là où l'État les a abandonnés, ce qui renforce encore plus ce sentiment anti-étatique. »
Les sanctions sont réelles : les États-Unis ont imposé des droits de douane punitifs au Brésil et sanctionné le juge Alexandre de Moraes, qui instruisait le dossier de Jair Bolsonaro. Début octobre 2026, le Guardian révélait un projet de financement d'un million de dollars du département d'État contre la « lawfare » au Brésil, visant la Cour suprême ; le gouvernement brésilien a saisi la police fédérale. « Payer pour orchestrer des campagnes » va un peu loin : les bénéficiaires n'étaient pas nommés.
« Il y a beaucoup d'inquiétude autour de l'ingérence états-unienne dans cette campagne. Trump va tout faire pour faire pression sur le Brésil et faire libérer Jair Bolsonaro »