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« LFI, ce n’est pas l’extrême gauche » - Clément Viktorovitch

▶️ Vidéo YouTubeInterviewClément Viktorovitch27 septembre 2026

Un extrait de six minutes de l'émission « Hep Taxi! » de la RTBF, publié le 27 septembre 2026, où Jérôme Colin interroge Clément Viktorovitch, politologue et spécialiste de la rhétorique, sur la symétrie souvent posée entre La France insoumise et le Rassemblement national. Il y répond sur l'histoire des deux partis, leurs programmes et leurs stratégies de discours, avant de finir sur le cordon sanitaire médiatique de la Belgique francophone et sur ce qu'il deviendrait si la droite y adoptait la rhétorique de l'extrême droite.

4 analyses
★💡 Idée-cléVérifié
L'extrême gauche, ce sont les trotskistes qui veulent la révolution : pour Viktorovitch, LFI relève de la gauche réformiste
Mentionné :La France insoumiseNouveau Parti anticapitalisteRévolution permanente

Le critère qu'il retient est le rapport à la révolution : les organisations trotskistes la visent, La France insoumise propose des réformes, même radicales, et se présente aux élections pour gouverner. Il dit s'appuyer sur les historiens et les politistes. La question reste disputée : le ministère de l'Intérieur a rangé LFI à l'« extrême gauche » en février 2026, et le Conseil d'État n'a pas jugé ce classement « manifestement erroné », après avoir validé l'étiquette « gauche » en 2024.

« Ce qu'on appelle l'extrême gauche en France, soyons clairs, c'est la France insoumise. […] C'est pas l'extrême gauche. […] on a une extrême gauche en France, la Ligue communiste révolutionnaire, le nouveau parti anticapitaliste, Révolution permanente, des partis trotskistes qui veulent la révolution, la révolution dans la rue, ça c'est l'extrême gauche. »
🏛️ Institutions & démocratie
★✅ VérificationPlutôt vraiVérifié
Un programme de Mélenchon moins radical que celui de Mitterrand en 1981 : la comparaison tient sur les nationalisations, « dix fois » force le trait
Mentionné :La France insoumiseJean-Luc Mélenchon

Les 110 propositions de 1981 ont conduit, par la loi du 13 février 1982, à nationaliser 36 banques de dépôt, Paribas, Suez et de grands groupes industriels. Le programme insoumis renationalise l'énergie, les autoroutes ou la SNCF et veut socialiser une partie des banques de détail dans un pôle public : une ambition moindre sur la propriété du capital. Il partage avec 1981 la retraite à 60 ans, et va plus loin sur d'autres terrains, la VIe République ou l'écologie. Le jugement d'ensemble reste une appréciation.

« quand on regarde le programme politique de Jean-Luc Mélenchon, il est moins radical que ne l'était le programme de François Mitterrand en 81. »
💶 Économie & fiscalitéWikipédia — 110 Propositions for France ↗Hérodote — 10 mai 1981 (loi de nationalisation du 13 février 1982) ↗
🔗 Mesures de programme liées
✅ VérificationPlutôt vraiVérifié
De la retraite à 60 ans à l'abrogation incertaine, du bio aux pesticides : les revirements du RN que relève Viktorovitch sont pour l'essentiel documentés
→ Visé :Rassemblement NationalMarine Le PenJordan Bardella

Marine Le Pen promettait la retraite à 60 ans en 2017, l'a réservée en 2022 aux carrières commencées tôt, puis le RN a fait de l'abrogation de la réforme de 2023 et du retour à 62 ans sa ligne. En 2026, Jordan Bardella raisonne en années cotisées plutôt qu'en âge légal, quand Marine Le Pen maintient les 62 ans (Senioractu, mai 2026) : la ligne flotte, sans abandon formel. Sur l'agriculture, le RN a soutenu la loi Duplomb, adoptée le 8 juillet 2025 et qui rouvrait la porte à un néonicotinoïde ; son ancien discours sur le bio n'a pas été instruit ici.

« Le Rassemblement national, ils n'ont pas de projet hormis le rejet de l'immigration. Enfin le Rassemblement national, c'est quand même le parti qui disait "On va faire la retraite à 60 ans." puis ensuite qui a dit "En fait non, ce sera 62 ans, on va juste abroger la réforme Macron." »
🛠️ Travail & retraitesSenioractu, 05/2026 — Retraites : au RN, Bardella et Le Pen ne sont plus d'accord sur votre âge de départ ↗Datan — Loi Duplomb, vote final du 8 juillet 2025 ↗
🔗 Mesures de programme liées
★💡 Idée-cléVérifié
Se débarrasser de ses stigmates en les attribuant à l'adversaire : le procédé du RN contre LFI selon Viktorovitch
→ Visé :Rassemblement NationalMentionné :La France insoumise

Le but du RN, explique-t-il, est la banalisation : être considéré comme un parti comme les autres, ce qui suppose de mettre à distance ses stigmates historiques, d'autant que le Front national a été fondé notamment par d'anciens Waffen-SS et des nostalgiques de l'Algérie française. Accuser La France insoumise de violence, d'antisémitisme et d'hostilité à la République les transfère à l'adversaire et fait paraître le RN raisonnable par contraste.

« Et une manière rhétorique de mettre à distance des stigmates, c'est d'accuser un autre de ces mêmes stigmates pour quelque part repasser le bâton, repasser le relais et faire croire que en fait, ceux qui sont anti-républicains, antisémites et violents, ce sont les autres, ce sont la France insoumise »
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