Glucksmann GAGNE une primaire FRAUDULEUSE (ça nous arrange)
Stream de réaction de la chaîne Zawa Prod (64 minutes), animé par Raz et Cassandre, trois jours après la victoire de Raphaël Glucksmann au premier tour de « Choisir 2027 », la primaire du PS, de Place publique et de la GRS (11 octobre 2026). Les animateurs commentent les résultats, l'enfarinage du vainqueur, le communiqué de François Ruffin et un entretien de Glucksmann sur France Inter, puis le vlog que l'un d'eux a tourné le soir des résultats. Le ton est sarcastique de bout en bout, et la « fraude » du titre est une provocation : la vidéo en fait un soupçon ironique qu'elle abandonne elle-même. Le transcript ne distingue ni les deux voix ni les extraits et articles lus à l'écran : les propos de Glucksmann et de Ruffin ne sont cités que là où le stream identifie leur origine.
Les chiffres tiennent. « Choisir 2027 » a compté 120 587 votants pour environ 140 000 inscrits, et Raphaël Glucksmann l'a emporté dès le premier tour avec 79 613 voix (66,13 %). Au premier tour de la primaire de 2017, Vincent Peillon avait obtenu 112 718 voix et François de Rugy 63 430, sur 1,66 million de votants. Le stream le reconnaît lui-même plus loin : les deux scrutins ne se comparent pas mécaniquement, celui de 2017 était ouvert à tous pour un euro, celui de 2026 demandait 15 euros aux non-adhérents et une inscription préalable.
« Vincent Peillon avec 6 % a eu le même nombre de votants au total que la primaire entière de la gauche cette année. »
Le stream partage l'électorat écologiste en deux : l'aile proche de Sandrine Rousseau irait à Mélenchon, l'aile proche de Yannick Jadot à Glucksmann, comme aux européennes. Les animateurs évoquent même un retrait de Marine Tondelier au profit de Glucksmann, sur le modèle du ralliement de Yannick Jadot à Benoît Hamon en février 2017.
« Je pense justement que là où c'est horrible pour Marine Tondelier c'est que elle je pense que c'est presque celle qui prend le plus cher de tout le monde »
Raz conseille sur le mode ironique une campagne « agressivement libérale » : récupérer l'aile droite des écologistes, les libéraux du PS, puis des macronistes, quitte à fusionner avec Renaissance et le MoDem. Il lui donne au mieux 10 %, « son score aux européennes ». Précision : la liste PS-Place publique menée par Glucksmann avait obtenu 13,83 % le 9 juin 2024.
« Objectivement, je pense qu'il a tout intérêt à faire une campagne de droite. Ça y est, c'est bon. Il y a aucun gauchiste qui va voter pour lui. »
Le stream lit un titre sur la cyberattaque et en fait l'un des arguments de son soupçon : avec elle, « ça laisse un flou ». Ce qui est rapporté : dès l'ouverture du vote, le 9 octobre, la plateforme e-votez.net a reçu un « afflux massif et fictif de connexions » générées par des robots (Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation). Le vote a été ralenti, prolongé jusqu'au dimanche, et les organisations ont saisi la justice. Les organisateurs assurent que l'intégrité des votes enregistrés n'est pas compromise, et rien de publié ne dit le contraire.
Le titre accuse, la vidéo beaucoup moins. Les animateurs ironisent sur un chiffre gonflé (« quitte à mentir, j'aurais mis 800 000 »), rappellent les soupçons visant d'anciens votes internes du PS, puis abandonnent la piste : truquée ou non, disent-ils, la primaire est un échec de mobilisation. Plus loin, Raz ajoute qu'« il n'y a pas d'info sûre ». Aucun candidat battu n'a contesté le résultat, et la presse ne rapporte aucune accusation de fraude.
« on est en train de se demander s'ils ont triché pour faire une élection à 120000 personnes. C'est ridicule. »
Le stream lit un article où Glucksmann déclare sur France Inter vouloir l'ancien président « dans notre équipe », alors que celui-ci hésite à se présenter en recours. Pour les animateurs, les électeurs de Hollande ont déjà voté Glucksmann à la primaire : l'intérêt est de désamorcer une candidature concurrente, que d'autres chaînes du dossier annonçaient pour après la primaire.
« avoir François Hollande te fait rien gagner mais ça fait qu'il est pas contre toi. »
Le soir du 11 octobre, à Paris, Glucksmann a reçu de la farine en quittant la soirée des résultats. Le stream se moque du cadrage qui attribue d'emblée le geste à des « trolls insoumis », puis rappelle que l'enfarinage vise des personnalités de tous bords : François Hollande en 2012 ou François Fillon en 2017 en ont fait les frais. Rien de publié ne dit qui a lancé la farine.
« ça arrive à des mecs de gauche de droite et cetera c'est un peu un bail c'est la tarte à la crème c'est folklore. »
Le stream lit le communiqué de François Ruffin. Il y « prend acte » de la victoire de Glucksmann, accuse la gauche sociale-démocrate et la gauche insoumise d'imposer un duel, et assure que 80 % des électeurs de gauche voulaient une primaire large et un candidat unique, chiffre qui n'a pas été retrouvé dans un sondage publié. Les animateurs le moquent en enfant à qui l'on avait promis une primaire.
« Nous assistons au retour des deux gauches irréconciliables qui ne veulent pas se réconcilier. Ces deux mêmes gauches qui en juin 2024 au soir de la dissolution disaient non au nouveau Front populaire »
Le stream oppose la mobilisation de la campagne insoumise à celle de la primaire, tenue le même week-end. Le chiffre est juste : selon l'AFP, Jean-Luc Mélenchon a réuni 10 000 personnes au Zénith d'Auvergne le dimanche 11 octobre 2026, salle pleine et foule dehors devant un écran, pour un meeting consacré notamment au mouvement lycéen et à Parcoursup.
« On a vu le meeting de Mélenchon, on en a pas parlé mais 10000 personnes à Clermont-Ferrand »
Le stream juge que l'appel à l'union de la gauche relève désormais du « déni » : la rupture est assumée des deux côtés, et les plus petits candidats perdent leur raison d'être. Ruffin s'affiche avec Dominique de Villepin, les Écologistes se divisent, Fabien Roussel joue la carte des gilets jaunes. Les animateurs s'en réjouissent : « on a un cap clair ».
« ils voulaient l'union pour essayer de gratter un truc ils se sont fait enterrer et par Mélenchon et par Glucksmann. »
L'histoire invoquée est réelle. En 2008, Martine Aubry a pris le PS à Ségolène Royal par 102 voix au congrès de Reims, et le livre Hold-uPS, arnaques et trahisons (Karim Rissouli et Antonin André, 2009), que le stream lit à l'écran, décrit un système de fraude dans le Nord. En 2023, le vote de Marseille a été contesté des deux côtés. Mais ces accusations sont restées journalistiques ou partisanes, sans décision qui les établisse. Et le stream étend la « tradition » aux primaires, où aucune fraude n'a été démontrée.
« c'est une magnifique et grande tradition trafiquer les scores au congrès et aux primaires »
Olivier Faure finit deuxième avec 14,46 %, à plus de 50 points du vainqueur. Le stream y voit la sanction d'un premier secrétaire qui n'a jamais choisi entre l'alliance avec LFI et son rejet. Une réserve : le corps électoral ne comptait pas que des adhérents socialistes, mais aussi ceux de Place publique et de la GRS, et des sympathisants à 15 euros.
« si on part du principe que ils ont pas truqué, que c'est les vrais votes, c'est un désaveu massif d'Olivier Faure parce que quand tu es chef du PS et que du coup tes adhérents votent pour un mec qui est même pas de ton parti et qui est sur une ligne opposée à la tienne, c'est vraiment c'est très chaud. »
Les animateurs la présentent comme leur « théorie du complot » : Guedj et Glucksmann tenaient la même ligne anti-LFI pendant les débats, et Guedj, homme de l'appareil, servirait à pousser Faure vers la sortie. C'est une hypothèse, pas une information. Le fait avancé à l'appui est exact : Boris Vallaud, président des députés socialistes, a renoncé à concourir et soutenu Glucksmann fin août.
« c'est pour ça qu'ils s'entendaient très bien même pendant les débats pour ceux qui s'en rappellent ils étaient souvent sur la ligne antiunion, la ligne contre la France insoumise »
Extrait de l'entretien de Raphaël Glucksmann sur France Inter, diffusé dans le stream. Il fait de son score un mandat sur la stratégie : on lui a reproché de revenir sans cesse sur les alliances pendant la campagne, c'est désormais « réglé ». Zawa Prod lui donne raison sur un point : son hégémonie s'est faite sur le rejet de LFI.
« Mais la ligne, elle est tranchée. Quand il y a eu un tel écart, une telle netteté dans la victoire, on ne reviendra plus sur la question de la ligne. »
Le stream, hostile au candidat, lui reconnaît la clarté qu'il refuse à Olivier Faure : Glucksmann a assumé une rupture que Faure a toujours voulu éviter, en ménageant à la fois l'aile droite du PS et les insoumis. C'est, selon les animateurs, ce qui explique son succès auprès des votants socialistes.
« le moment où il avait dit on ne va pas refaire la NUPES machin. C'était un moment de clarification politique avec lequel il disait la vérité, qu'il y avait une rupture de ligne qui était irréconciliable. »
L'argument : sans la NUPES de 2022, le PS sortait laminé de la présidentielle (1,75 % pour Anne Hidalgo) ; l'alliance lui a rendu un groupe à l'Assemblée. En la refermant, Glucksmann hériterait d'un parti qu'il condamne, car le clivage gauche-droite laisse selon le stream peu de place à une recomposition centriste aux législatives.
« la vraie victoire politique d'Olivier Faure c'est d'avoir eu l'intelligence de baiser Mélenchon au moment de la NUPES et de venir dans la NUPES. Ça ça a sauvé le PS »
Plutôt que de répondre sur Faure, Glucksmann déroule ses thèmes sur France Inter : salaires, « révolution écologique » après un été de sécheresses et de mégafeux, démocratie. Le stream n'y voit qu'une esquive. Le programme de Place publique aux européennes de 2024 proposait une convention citoyenne vers une assemblée constituante.
« Comment on fait pour sortir de ce système où un seul homme décide pour tous ? Avec moi, ce sera une équipe. »
C'est exact. En janvier 2023, après un vote des adhérents serré et contesté, Nicolas Mayer-Rossignol refusait de reconnaître la victoire d'Olivier Faure. Un « pacte » a mis fin à la crise : Faure restait premier secrétaire, secondé par deux premiers secrétaires délégués, Nicolas Mayer-Rossignol et Johanna Rolland. Le stream s'en sert pour dire que Faure était affaibli bien avant la primaire.
« le mec a gagné le congrès et ils l'ont quand même obligé à faire une direction collégiale »
Relancé sur France Inter sur le sort d'Olivier Faure, Glucksmann répond qu'il ne lui revient pas d'en décider, avant de constater que le premier secrétaire n'est plus majoritaire. Pour Zawa Prod, c'est la « mise à mort » de celui qui avait préparé son arrivée en campagne.
« n'est plus majoritaire de toute façon au sein de son propre parti. Donc moi, je vous le dis, nous allons créer ensemble une dynamique collective de la gauche démocratique et il n'y aura pas, c'est tranché monsieur Duhamel, c'est fini. Il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise. »
Pour le stream, la NUPES puis le Nouveau Front populaire ont servi au PS à sauver son groupe parlementaire, avant qu'il ne revendique d'avoir « été là avant » et ne rompe. Les animateurs en tirent une leçon pour leur propre camp : l'alliance a au moins forcé la clarification, en obligeant le PS à choisir entre la gauche et son aile droite.
« c'est totalement logique que le PS vote en interne pour des alliances aux législatives avec la France insoumise pour regagner du gaz pour s'en séparer après c'est le cynisme politique. »
Un des animateurs rapporte ce que lui disent des militants croisés aux réunions de Glucksmann. Le stream prédit l'embarras d'un camp qui accuse LFI de faire monter le RN : face à un duel Mélenchon-RN, seule tiendrait selon lui la position « barrage au RN, puis contre-pouvoir aux législatives ». C'est un témoignage et un pronostic, sans mesure à l'appui.
« je suis quand même convaincu que tu as quand même pas mal de militants place publique ou soutien place publique qui vont aller voter Mélenchon second tour. »
L'écologie sert d'exemple : d'un côté les régions redessinées par bassins et la planification, de l'autre une écologie industrielle qui veut concurrencer l'automobile chinoise en produisant des batteries. Les deux figurent dans les programmes : LFI veut redécouper les régions selon les bassins versants, Place publique relocaliser la production de batteries.
« c'est le meilleur adversaire de Jean-Luc Mélenchon parce que là en sortant des trucs politicards […] en terme idéologique c'est notre c'est la ligne opposée »
Les animateurs relèvent que des éditorialistes ont fait de l'enfarinage un événement grave et que Jordan Bardella a apporté son soutien à Glucksmann, quand, selon eux, les menaces visant Jean-Luc Mélenchon ou le gazage du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko pendant les heurts lycéens ne suscitaient pas la même émotion. Les épisodes cités ne sont pas tous documentés : aucune trace n'a été trouvée de la menace au « lance-flammes » évoquée.
« tous les médias chialent pour de la farine de merde. Tu sais, ça parle de brutalisation en permanence. »