Raphaël Glucksmann
Ce que les coupes et la logique de gestion font au service rendu, et ce que l'État a cédé au privé : ce dossier suit les deux mouvements, du budget voté au guichet, et de la gestion publique à la rente. À l'hôpital, la tarification à l'activité, une enveloppe qui progresse moins vite que les besoins et 82 000 lits d'hospitalisation complète supprimés depuis 2003, tous établissements confondus ; pendant la canicule de 2026, une médecin en gériatrie décrit des lits fermés faute de praticiens et des chambres à 37 degrés. Sur les autoroutes, cédées en 2006 pour 14,8 milliards d'euros, une rentabilité nette de 20 à 24 % que l'Autorité de la concurrence jugeait en 2014 « assimilable à une rente », et des travaux payés en hausses de péage ou en concessions prolongées. Le fil est le même : qui paie, et qui encaisse.
Dix ans après sa première élection, Emmanuel Macron quitte l'Élysée en 2027. Ce dossier réunit les analyses qui dressent le bilan de ses deux mandats : baisses d'impôts concentrées sur les plus aisés, réformes du travail et du chômage, services publics tenus à la diète, gestion du Covid, maintien de l'ordre. Elles le mesurent souvent à l'aune d'une question : qu'a produit le néolibéralisme une fois au pouvoir ?
Le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste départagent leurs candidats à la présidentielle de 2027 par une primaire, « Choisir 2027 », votée les 9-10 et 16-17 octobre 2026 : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel s'y affrontent. La « primaire unitaire » envisagée plus largement à gauche s'était heurtée dès l'hiver aux refus de La France insoumise, des communistes et d'une partie du PS. Ce dossier en suit les débats, les règles — un vote payant pour les non-adhérents — et les critiques : une élection qui divise plutôt qu'elle ne rassemble, une personne choisie à la place d'une ligne tranchée.
Une séquence qui court sur plusieurs mois : l'accusation d'« antisémitisme de gauche » adressée à LFI et à ses proches, et en regard le traitement réservé à l'antisémitisme d'extrême droite. Les analyses réunies ici suivent cette controverse épisode par épisode.
Sortir, désobéir ou réformer : la place de la France dans l'Union européenne redevient une ligne de fracture à l'approche de 2027. François Hollande en fait l'argument de son refus de gouverner avec La France insoumise, dont le programme ne s'appliquerait selon lui qu'en sortant de l'Union. Ce programme ne prévoit pourtant plus de sortie — le « plan B » de 2017 a cédé la place à la désobéissance à certaines règles —, et une partie de ses soutiens le presse d'assumer la rupture. Ce dossier rassemble les prises de parole qui instruisent ce débat : traités, souveraineté budgétaire, rôle de la Banque centrale européenne.
Candidate des Écologistes à la présidentielle, désignée en décembre 2025, Marine Tondelier est l'invitée du « Grand entretien » de Darius Rochebin sur LCI le 7 septembre 2026. L'exercice qu'il lui propose — un mot pour chacun des présidents de la Ve République, qu'il avait déjà soumis à Marine Le Pen — et le récit de ses votes passés, de Benoît Hamon en 2017 à Emmanuel Macron aux deux seconds tours, lui valent des critiques sévères sur sa lecture de l'histoire de la gauche. Ce dossier rassemble les prises de parole qui commentent l'entretien, et les confronte aux faits.